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TORTUE

Mayotte, tortues en danger

  • Par Fabrice Juste
  • Publié le 17/12/2013 | 14:42, mis à jour le 17/12/2013 | 14:42

84% des tortues marines retrouvées mortes en 2012 ont été braconnées
Les acteurs qui s’occupent des mammifères marins et des tortues marines retrouvés, sur les rivages de Mayotte, publient un bilan chiffré très détaillé sur les causes de mortalité ou de détresse de ces animaux. 

Tortue verte échouée à la plage de Moya mangrove © ©Franck Charlier/ Agence des aires marines protégées
© ©Franck Charlier/ Agence des aires marines protégées Tortue verte échouée à la plage de Moya mangrove
Selon un communiqué de presse du REMMAT (Réseau Echouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues marines), le braconnage serait, à Mayotte, la principale cause de mortalité des tortues marines, espèces protégées sur l’ensemble du territoire national par la législation française.
 

La double barrière de corail, les vastes prairies sous marines et ses nombreuses plages font du lagon de Mayotte un site d’exception pour la croissance, l’alimentation et la nidification des tortues marines. Sur notre planète, rares sont les sites où il est possible d’observer avec autant de facilité ces espèces emblématiques pourtant menacées d’extinction à l’échelle mondiale. Il est urgent de prendre conscience de notre chance et de faire du lagon de Mayotte un site de référence en termes de protection des tortues marines. 
 

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Le bilan annuel 2012 du REMMAT  : des menaces avérées

  •  Le braconnage : première cause de mortalité des tortues marines de Mayotte

En 2012, 170 cas de tortues marines mortes ou en détresse ont été recensés, soit le double de l’année 2011. Cette augmentation est certainement liée à la participation croissante du public dans le recensement des cas d’échouage. Sur ces 170 cas, 114 tortues ont été retrouvées mortes. La cause de la mort n’a pas pu être déterminée pour 13 cas, mais pour les autres, trois catégories de cause de mortalité ont été mises en évidence : le braconnage, l’attaque par des chiens errants et la mort d’origine naturelle. En 2012, au moins 84 % des tortues retrouvées mortes sont des cas avérés de braconnage. 

Le braconnage est défini comme le prélèvement illégal de l’animal, qu’il ait lieu à terre ou en mer. Ainsi la capture, la mutilation, le transport, le commerce, la détention et la consommation de tout ou partie d’une espèce protégée sont des pratiques illégales et sont passibles des peines de 15 000 euros d’amende et d’une année de prison (peine aggravée en état de récidive légale). Outre la saisie et la destruction de la viande, les véhicules et bateaux sont également saisissables en application du Code de l’Environnement. Par ailleurs, il est à rappeler que la consommation de la viande de tortue marine présente des risques d’intoxication sévères, voire mortelle.

Ces informations concrètes et quantifiées entérinent les observations faites depuis plus de 10 ans et confirme la nécessité de renforcer les moyens d’action pour une lutte plus efficace contre cette pratique illégale. Les actions de protection et de contrôle sur les sites de ponte sont hautement prioritaires pour la conservation des tortues marines à Mayotte.

  • Les autres points de vigilance

Le REMMAT conclut également qu’il est urgent de prendre des mesures pour réguler la population de chiens errants dans les secteurs les plus affectés par cette problématique, tels Petite-Terre et Saziley. La pose régulière de cage-pièges et le transfert des chiens capturés vers la fourrière pourraient constituer une première mesure.

Par ailleurs, la pêche accidentelle (par ligne et filet de pêche) est une menace réelle : en 2012, les tortues recueillies vivantes par le réseau étaient toutes des juvéniles. Il est important de préciser que toutes les espèces de tortues marines ont un régime alimentaire omnivore au stade juvénile et peuvent donc être attirées par les appâts sur les lignes de pêche. En de telles situations, contactez immédiatement le REMMAT qui vous indiquera la procédure à adopter, la survie de la tortue en dépend !

Enfin, l’année 2012 a été marquée par l’échouage de 4 dauphins (dont 3 morts) au cours du mois d’avril, un nombre plus élevé en comparaison des années précédentes. Les rapports d’autopsie ont permis d’établir qu’il n’y avait pas de lien entre ces échouages. Les observations concernant les causes d’échouage des mammifères marins sont à poursuivre pour obtenir des résultats probants. 

Lire le communiqué de presse du REMMAT

 

 

 

Tortues marines, le braconnage continue

 

 
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Alors que le Réseau Tortues Marines Guadeloupe fête ses 10 ans, que les sympathisants se font de plus en plus nombreux, et que les actions menées portent progressivement leurs fruits, les menaces pesant sur les tortues marines constituent plus que jamais un combat à mener avec l’aide de tous. Parmi elles, le braconnage semble en recrudescence et inquiète les membres du Réseau. A chaque fois, le signalement de ces constats/flagrants délits permet de mettre en place les moyens nécessaires à la limitation et la punition du braconnage.

 

 
Tortues marines, le braconnage continue
Depuis le début de la saison des pontes 2009, de nombreux cas de pillage de nids et d’enlèvement de femelles venues pondre ont été constatés sur l’ensemble de l’archipel, et notamment : à la Pointe des Châteaux sur des nids, le long du littoral sud de Port-Louis, sur la plage de la Chapelle à Anse-Bertrand et sur celle de Grande- Anse à Marie-Galante.
Ce dernier cas a été observé le 29 août 2009 au matin, par des randonneurs, membres du Réseau.
La tortue, une femelle imbriquée de 92 cm (longueur courbe de la carapace), a été trouvée
attachée « ventre en l’air » par les quatre pattes dans la forêt littorale. Elle avait par ailleurs la patte avant droite prisonnière d’un filet de pêche, dont le ou les braconniers (vu la taille de l’animal, il
paraît surprenant qu’un seul homme puisse retourner une tortue vivante) se sont servis pour
immobiliser la tortue.
Un couteau laissé sur place porte à croire que le(s) braconnier(s) s’apprêtaient à la découper avant
d’être surpris par les promeneurs, ou l’avaient abandonnée là pensant revenir plus tard dans la journée, pour pouvoir procéder discrètement à son écarissage.
Le couteau a été saisi par les gendarmes, et servira de pièce à conviction lors de l’enquête entreprise suite à la plainte déposée.
Une fois détachée et remise « à l’endroit », la tortue a heureusement pu recouvrer ses esprits et
rejoindre la mer. La bague posée sur sa patte gauche permettra de la reconnaître si la femelle est
observée à nouveau, en mer ou en ponte.
 

Un bateau saisi et des peines sévères

Tortues marines, le braconnage continue
En juillet à Deshaies, un flagrant délit a permis de sanctionner sévèrement l’auteur du braconnage d’une jeune tortue verte de 5-7 ans. Les douaniers du secteur ont pu interpeller le contrevenant, qui a été pénalisé au titre d’un délit au code douanier (la peine est supérieure à celle prévue par le code de l’environnement). Les gendarmes de Deshaies ont quant à eux réalisé un procès verbal relatif celui-là au code de l’environnement. Le braconnier s’est vu saisir son bateau et tout le matériel ayant servi à tuer et découper la tortue.
La police de l’environnement, les brigades de gendarmerie et les douaniers travaillent de concert pour surveiller les zones sensibles et faire les constats. Les gardes de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage couvrent de nuit comme de jour de nombreuses plages de ponte avec notamment du matériel de vision nocturne. Les signalements sont transmis par les riverains et les membres du Réseau présents sur les plages de mars à novembre. Grâce à ce travail actif, l’étau se ressert sur plusieurs braconniers.
 
A retenir :
- La capture de tortues marines, quel qu’en soit le but (consommation, élevage, fabrication d’objets…), est interdit en Guadeloupe depuis 1991.
- Le braconnage sur les plages n’est pas uniquement le fait d’ « anciens » comme on le croit souvent. De jeunes gens s’adonnent également à ce délit passible de 9000€ d’amende et de 6 mois d’emprisonnement (code de l’environnement).

- Tuer une femelle revient à tuer des milliers d’oeufs et par conséquent quelques dizaines de tortues
qui auraient pu se reproduire à leur tour.
Seulement 1 oeuf sur 1000 donne un adulte reproducteur.
Une tortue commence à pondre à 25 ans.
Une femelle pond au cours d’une saison une moyenne de 500 oeufs.

- Sur la Pointe des Châteaux il y a chaque année moins de 15 femelles qui viennent pondre (10 km
de plage).

- La chair de tortue ou les oeufs n’ont aucune vertu médicinale ou aphrodisiaque, ces dires restent
au rang de croyances populaires. La chair de la tortue imbriquée est toxique dans le Pacifique et
tue lorsqu’elle est ingérée. Les tortues sont propices à concentrer le chlordécone...

 

Vendredi 25 Septembre 2009
Sophie Bédel
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Sophie Bédel


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