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L' OURS LUNE

Tribune 19/04/2013 à 18h56

L’ours Lune, victime de la médecine traditionnelle chinoise

Michèle Jung | Animals Asia

Plus de 10 000 ours noirs asiatiques sont enfermés à vie dans de minuscules cages pour y être ponctionnés deux fois par jour : leur précieuse bile – recueillie par des cathéters plantés à vif – est vendue jusqu’à 400 dollars les 100 ml pour la médecine traditionnelle.

Ces ours sont enserrés dans des corsets de fer qui maintiennent le cathéter dans leur foie. « Ce genre de pratiques cruelles remonte à plus de vingt ans », estime Fang Shuting, directeur de l’Association chinoise de médecine traditionnelle chinoise. Il assure qu’il y a un grand malentendu entre les médias et le public au sujet du processus d’extraction de la bile d’ours.

Les fermiers qui exploitent ces animaux dans l’enfer des « fermes à biles » sont eux-mêmes exploités par des industriels sans scrupules.

Des vertus aphrodisiaques

C’est un commerce très juteux, qui rapporte des millions de dollars à quelques industriels qui jouent de la naïveté des hommes. La légende qui entoure ce produit est tenace parce qu’ancienne et peu d’utilisateurs savent réellement ce qu’endurent les animaux.

STOP ANIMAL CRUELTY

Reportage dans une ferme

La bile est consommée pour ses vertus supposées aphrodisiaques mais peut être remplacée par des produits de synthèse déjà connus et utilisés, sans nocivité pour l’homme. La pharmacopée de la médecine traditionnelle permet en effet de substituer à la bile d’ours des herbes.

La bile est aujourd’hui répandue dans le monde entier, on la trouve sous forme de liquide en flacon ou le foie séché de l’ours est vendu entier. Cet ours – appelé ours Lune pour la marque naturelle blanche sur son poitrail – est protégé par la Convention de Washington et la vente de ses organes est prohibée mais des Asiatiques les ramènent dans leur bagage à l’insu des Douanes. On en trouve ainsi en vente – sous le manteau – dans certaines officines privées à Paris et dans d’autres grandes (ou moins grandes) villes françaises. J’en ai moi-même trouvé à vendre à… Gap (Hautes-Alpes) !

Qu’attend la fédération nationale de médecine traditionnelle française pour se positionner officiellement contre cet abject commerce ? Il faudrait rappeler à la communauté chinoise que l’ours Lune, menacé d’extinction, n’a que trop souffert de ces pratiques hors d’âge.



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